30 décembre 2020
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Patrimoine de Gan : La Maison Andoins de Gan (1593)

Daniel Trallero nous éclaire sur le patrimoine de notre commune.

Gan-maison-andoins

Mieux connue sous le nom de maison de Jeanne d’Albret, elle est une des trois belles maisons du 16ème siècle avec tourelle et escalier en vis que possède notre bastide.

Légendes sur le nom de cette maison 

Corisande d’Andoins, "la grande Corisande", maîtresse d’Henri IV, n’avait aucun lien de parenté avec les Andoins de Gan. Née et décédée à Hagetmau, il est improbable qu’elle soit venue à Gan. Pourtant, certains écrivirent au 19ème qu’elle y était née ! Pour passer de Corisande à Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV, il n’y avait qu’un pas à franchir. Ce fut fait sur les premières cartes postales de Gan parues vers 1904. Or, Jeanne d’Albret était décédée en 1572, bien avant la construction de cette demeure.

Aux 16ème et 17ème siècles 

En mars 1591, Guillaume d’Andoins, seigneur et marchand de Gan, est anobli. Deux ans plus tard, il construit cette maison car nous pouvons lire la date de 1593 sur le linteau de la porte de la tour qui lui est accolée, date que l’on trouve aussi à l’intérieur gravée sur le manteau de la cheminée.

Guillaume d’Andoins est admis aux Etats de Béarn en 1602. Sa fille Marie d’Andoins en hérite et se marie avec Jean de Colle, jurat de Gan. Leur fille Jeanne de Colle, dame d’Andoins, se marie d’abord avec Jean de Casaus qui fut admis aux Etats de Béarn en 1625 comme Seigneur d’Andoins. Elle se remarie avec Samuel de l’Eglise de Navarrenx, maître-chirurgien. Au décès de ce dernier, son fils Jacques de l’Eglise en hérite. Prêtre, bachelier en Sorbonne, il fut reçu aux Etats de Béarn en 1676 également comme Seigneur d’Andoins.

Au 18ème siècle 

En 1704, Jacques de l’Eglise cède le fief d’Andoins à son frère Pierre de l’Eglise, capitaine et bourgeois de la ville de Gan, qui fut admis à son tour aux Etats la même année. Ce dernier décède en 1719 en n’ayant pas eu de descendance avec sa femme Anne de Larriu Celle-ci gardera la maison jusqu’à son décès en 1730. Son frère, Pierre de Larriu, seigneur d’Estialescq en hérite à son tour. Elle est alors louée pour 60 livres par an à Daniel de Tristan(1), curé de Gan car le presbytère "menaçait ruine par vétusté". 

En 1768, Jeanne de Larriu (sûrement fille de Pierre de Larriu) fit donation de la maison d’Andoins à son beau-frère Jean de Maluquer, seigneur de Castera d’Argagnon qui fut reçu aux Etats de Béarn peu après. Il en fait donation à son fils Jean-Pierre-Joseph de Maluquer qui à son tour est admis aux Etats de Béarn en 1778 comme seigneur d’Andoins. Breveté lieutenant de cavalerie en 1788, il fut élu député des Basses-Pyrénées. Il décède dans son domaine de Tolou à Gan le 28 juillet 1828(2).

Au 19ème siècle 

La maison devient la propriété de sa fille Caroline de Maluquer, en indivision avec Pierre Antoine Casimir Dufresnoy, avocat à Pau. La maison est ensuite vendue, en 1836, à Pierre Mouyen, menuisier à Gan. En 1842, ce dernier transforme la maison, en la tronquant côté rue mais en la prolongeant bien plus vers le Néez pour y aménager son atelier. Pendant trois générations, cette maison appartient à la famille Mouyen tous menuisiers de père en fils.

Au 20ème siècle

En 1902, Edouard Mouyen semble obligé de vendre. La maison est achetée par Jean Terrabate de Lescar, puis en 1913 par René Baradat, ingénieur des Travaux Publics à Pau. La maison est alors louée. Avant 1914, on y trouve un bar-restaurant géré par Mlle Marie Talouet. Après la guerre, vers 1924, le docteur Pierre Baudot occupa les lieux, puis s’y installa Félix Bellosta, peintre-vitrier.

La maison est enfin achetée en 1939 par Germain Larreya. Nous nous souvenons encore de lui car avec sa scie circulaire portative, il allait de maison en maison, scier le bois de chauffage. Sa belle-fille Nicole Larreya occupe toujours cette maison aujourd’hui.

Daniel Trallero

Gan Mémoire et Patrimoine

Juin 2016

(1) C’est lui qui eut le mérite de faire connaître les Eaux de Gan, mais, décédé en 1745, il ne vit pas se construire les Bains du Broca en 1748. 

(2) C’est son arrière-petit-fils Armand Dufau de Maluquer (1861-1941) qui écrivit avec Jean de Jaurgain, le célèbre "Armorial de Béarn" dont nous avons tiré ici de précieuses indications.